Archives de Catégorie: Roman étranger

Ici, les romans étrangers que j’ai lus, aimés ou non!

Tranché: « Mal de Pierres » de Milena Agus

Mal de pierres de Milena Agus - Liana Levi - 2006

La loi des séries

Vous lisez un roman qui traite d’un sujet particulier et s’ensuivent au hasard de vos rencontres littéraires d’autres récits similaires.

En lisant « La Grand-mère de Jade« , je lui ai trouvé une affiliation avec celui dont la lecture m’a tant hérissée « L’élégance du hérisson« . Frédérique Deghelt rendait sa modestie et son honnêteté au personnage de « la lectrice clandestine » là où Muriel Barbery en avait fait une figure hautaine et méprisante.

Les histoires de lectures sont des histoires de lecteurs. Les romans, je les choisis parfois à leur titre, très souvent à leur première de couverture, sans jamais lire la quatrième de couverture bien trop bavarde .

J’ouvre le « Mal de pierres » qui depuis longtemps m’intriguait.

Le titre et le nom de l’auteure nous transportent déjà vers un ailleurs poétique.

Je retrouve d’abord l’atmosphère ensorcelante du « Coeur cousu » de Carole Martinez. Celle des pays latins, arides et merveilleux.

Peu à peu, jusque la fin, se tisse des liens entre cette grand-mère des montagnes sardes et l’aïeule des montagnes savoyardes. Le fil rouge, celui qui les tient en vie, qui les consume est celui de l’écriture, de l’imaginaire, de la fiction. L’une écrit, l’autre lit et la petite-fille de chacune d’entre elles les raconte.

Un récit limpide qui met en lumière de beaux portraits de femmes dans un hymne à l’amour et à l’imaginaire.

Je n’ai pourtant pas vibré avec ce personnage; nous avons simplement fait un bout de route ensemble sur les chemins de la Sardaigne, en toute intelligence.

Nous avons apprécié cette rencontre puis elles et moi, nous nous sommes quittées.

Ici, un entretien avec Milena Agus mené par le site evene.fr

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Un roman époustouflant: « L’histoire d’un mariage » d’Andrew Sean Greer

Tout dans ce roman laisse coi…

Et pourtant, il faut en parler pour que chacun ait envie de se plonger dans cette lecture atypique.

Il s’agit bel et bien de l’histoire d’un mariage, celui de Pearlie et Holland. Deux jeunes américains, noirs, dans l’Amérique des années 50.

Et c’est bien plus que ça, que le portrait d’un pays à un moment donné, que la peinture des sentiments d’un  couple tiraillé entre les désirs de l’un et de l’autre…

C’est une écriture, non pas flamboyante ni ciselée mais juste, profonde, précise.

C’est une tension narrative qui entraîne le lecteur avec douceur dans un récit intense. Sans hâte mais avec assurance.

C’est une très belle histoire d’amour au-dessus de toutes les conventions.

C’est une lecture dense sans concession.

Beaucoup d’émotions contenues dans ces pages, contenues dans le corps des personnages…

Voici un roman d’une grande maturité, le deuxième traduit en France de cet auteur qui aborde tout juste la quarantaine: impressionnant!

Retrouvez sur le site « fluctuat.net » un entretien avec ce dernier lors de sa venue en France pour le festival « les Belles étrangères 2009 ».

Chapeau bas à la traductrice Suzanne V. Mayoux.  Sa version sonne si juste qu’elle titille la curiosité et donne envie de lire le roman dans sa langue natale même si c’est une pratique qui m’est étrangère (sans jeu de mots).

Certains s’accrochent à votre coeur: « La Faille » de Jorn Riel

C’est le cas pour ce roman envoûtant, dur et puissant.

Nouvelle-Guinée, vallée de Baliem. Lalu est une jeune femme née de l’union d’un Blanc un peu fou et d’une femme appartenant à la tribu Papou. Pour rejoindre le village et la civilisation des Blancs, Lalu doit sauter au-dessus d’une faille.

La faille s’insinue et file tout au long de ce roman. Une faille à la symbolique très forte entre les deux civilisations, entre les sentiments que nourrit Lalu à leur égard.

La cruauté des uns se confronte aux croyances des autres. Le seul vainqueur de ce combat féroce sera la Liberté.

L’émotion se mêle étroitement à la bestialité, les frontières s’effacent, les jugements se délitent…

Une oeuvre forte qui ne vous quitte plus

Un roman protéiforme: « Cunéiforme » de Kader Abdolah (Gallimard, 2003)

Un livre poétique et politique.

Ce roman se lit de mille et une manières.

Un regard sur la culture millénaire de la Perse nous est offert ainsi que sur l’Iran du 20ème siècle en proie à ses contradictions.

On accompagne la quête d’un fils pour « dire  » son père, faire parler celui qui est sourd et muet. On suit l’empreinte laissée par le père et celle que le fils est en train de tracer.

Les poèmes d’écrivains perses du Moyen-Age posent le trait d’union qui réunit  au sein du roman les différentes sociétés autour d’une même culture.

Aga-Akbar, Clochette d’Or, Ismaël sont des personnages très attachants et touchants.

Je le recommande chaudement.

Il faut cultiver son jardin: « Le jardin du repos » de Pa Kin

Un livre d’une qualité remarquable.

Plusieurs sujets s’entrecroisent: la création littéraire, les rapports familiaux, les effets pervers de l’argent…

Un regard lucide, froid mais optimiste sur le genre humain et sur la richesse intérieure qu’il devrait faire croître et prospérer.

Extrêmement difficile de dire le titre correctement et incroyablement saisissant: « extrêmement fort et incroyablement près » de Jonathan Safran Foer

Un roman explosé comme le coeur du héros et celui des membres de sa famille, comme les tours du world trade center… déroutant mais riche en émotion, très sensible.

Comme le titre, on a envie d’utiliser moult superlatifs pour décrire ce roman « extrêmement fort et incroyablement sensible ».

Le point de vue décalé offert par le jeune narrateur m’a fait pensé au « bizarre incident du chien pendant la nuit«  de Mark Haddon.

La vérité est ailleurs: « Le bizarre incident du chien pendant la nuit » de Mark Haddon


Un très bon roman qui nous fait vivre l’autisme de l’intérieur et nous montre la totale absurdité dans laquelle nous vivons parfois.
Quelques moments un peu longs comme les descriptions des formules mathématiques mais un roman attachant, drôle et sans pathos inutile.

En fin de compte, qui des uns et des autres sont dans la Vérité? Lesquels voient le Monde comme il est? Comme il devrait être?